… Ils partent au matin, d’un jour définitivement gris, la pierre et la burette dans la poche, leurs ciseaux de vitrine sur le dos.
La journée se passera courbés, comme un long remerciement.
Certains approuvent le rythme imposé par l’hiver, rassurés. D’autres, au seuil de longues semaines répétitives, se font une raison. Le cep assagit.
La vigne, en répit, vient d’offrir, cette année encore, le pain au vigneron. Pain blanc ou pain noir, il le saura dans quelques semaines, dans quelques mois. Les joies et les souffrances du cultivateur sont souvent rétroactives. Il parsème ses discussions de ‘’bon an, mal an’’, histoire de conjurer le sort. Un enthousiasme affiché, un optimisme de jeune flore pourraient nuire. Un mauvais dieu écoute peut être.
[ ] Le vent glace. Les dos protecteurs narguent la Tramontane. Les mille figures en exécution réchauffent les corps vainqueurs des éléments. Le vin chaud et la satisfaction sincère entretiennent la victoire.
Les lames claquent, les sarments succombent ; ils ont fait leur travail. Ils retourneront à la terre, broyés, ou grilleront quelques roustes. La souche recoiffée peut à nouveau s’impatienter. L’impertinente s’abandonnera aux premiers rayons, aux premières chaleurs …
Auteur inconnu. Si quelqu’un sait …